AfricaRice News release

Des experts africains présentent une initiative majeure pour doubler la production rizicole en réponse à la demande croissante

21 mars 2010, Bamako, Mali — Ayant encore à l’esprit la crise mondiale de la flambée des prix du riz, des experts de cette culture venus de toute l’Afrique et au-delà qui se réunissent au Mali, du 22 au 26 mars, demandent un engagement à long-terme pour les innovations scientifiques et partenariats qui permettront au continent de réaliser son immense potentiel de producteur de riz et de renverser la tendance de sa périlleuse dépendance sur les importations.

Le Centre du riz pour l’Afrique (AfricaRice), qui organise le Congrès du riz en Afrique 2010 en collaboration avec le gouvernement du Mali, avait prédit la crise au moins 2 ans avant son avènement. La crise a soumis les consommateurs pauvres à travers le monde à d’énormes difficultés et occasionné des soulèvements dans des grandes capitales africaines. Dans des rencontres avec les ministres avant et depuis lors, Dr Papa A. Seck, Directeur général d’AfricaRice, qui est soutenu par le Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), n’a eu de cesse de souligner les dangers implicites inhérents à la forte croissance de la consommation de riz par rapport à une production à la traîne dans la région.

En Afrique de l’Ouest, par exemple, la consommation s’est accrue de 4,5% par an de 1961 à 2006, alors que la production n’a évolué que de 3,2%. En Mozambique, le contraste est encore plus frappant avec une consommation qui a grimpé de 15% par an de 1990 à 2005 et une production demeurée stagnante. Le fossé entre l’offre et la demande de riz de l’Afrique impose sur les gouvernements de grosses factures d’importations allant de 4 à 5 milliards de dollars EU en 2008.

« Partiellement en résultat à la recherche et au plaidoyer, » indique Dr Seck, « beaucoup de gouvernements ont commencé à abandonner le laissez-faire de la dépendance sur les marchés qui a beaucoup nuit aux producteurs et consommateurs africains de riz. » A la place, explique-t-il, ils poursuivent de nouveaux projets et politiques qui assurent un plus grand accès des producteurs aux technologies améliorées du riz.

Pourtant, l’équation qui a occasionné la crise en 2008 apparait fondamentalement inchangée. En 2009, la région a encore importé près de 40% du riz qu’elle consomme, ce qui représente environ un tiers du riz commercialisé sur les marchés mondiaux et les prix sont restés volatiles. « Seul un engagement soutenu et durable au changement technologique et politique pourra préserver l’Afrique des chocs sévères et imprévisibles de l’approvisionnement et des prix du riz, »a poursuivi Dr Seck.

Des initiatives majeures initiées par AfricaRice, après a crise, avec des partenaires comme l’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le soutien des donateurs (dont les gouvernements japonais et américain), ont démontré ce qui est possible. En résultat à de tels efforts, la production de riz en Afrique subsaharienne a augmenté de 18% en 2008.

Les pays de la région sahélienne d’Afrique de l’Ouest ont enregistré une forte croissance de leur production rizicole, totalisant 44% en 2007-2008. Pour la saison culturale 2009-2010, la FAO projette une croissance à deux chiffres de la production de plusieurs pays : Gambie (79%), Mozambique (40%) Bénin (34%), Sénégal (24%), Mali (21%), Ghana (20%) et Burkina-Faso (15%). Des mesures politiques audacieuses comme celles prises au Mali, y compris des subventions pour les semences et les engrais ont été cruciales pour le succès de ces initiatives.

Beaucoup de semences améliorées promues dans les projets d’urgence sont des NERICA, ou Nouveau riz pour l’Afrique. Mises au point par AfricaRice au début des années 90, ces variétés combinent la tolérance aux stress d’Oryza glaberrima, une espèce originaire d’Afrique et le haut rendement d’Oryza sativa, qui vient d’Asie et se retrouve cultivé partout à travers le monde. Quelques 80 variétés NERICA de plateau et de bas-fonds ont jusque là été largement adoptées dans beaucoup de pays. Par exemple, deux d’entre elles ont été semées sur près de 200.000 hectares au Nigeria en 2007 et environ 35.000 hectares en Ouganda, ce qui a permis au pays de réduire de moitié ses importations de riz de 2002 à 2007.

Malgré le succès avec des NERICA de plateau et des NERICA de bas-fonds (qui ont respectivement valu à leurs créateurs, Dr. Monty Jones, le prix mondial de l’alimentation 2004 et Dr. Moussa Sié, le prix international Koshihikari 2006 du Japon), les chercheurs riz d’Afrique n’ont ni le temps, ni le désir de se reposer sur leurs lauriers. Ils sont plutôt en train d’explorer un certain nombre de nouvelles voies de recherche rizicole, qui, ils l’espèrent, vont contribuer au moins à doubler la production de riz en Afrique, d’ici une décennie après la crise rizicole de 2008.

« Les variétés NERICA sont un grand succès—mais la sélection ne s’arrête jamais! » indique Dr Marco Wopereis, Directeur général adjoint d’AfricaRice. « Il est bon de savoir que nous avons de nouveaux produits dans le circuit. »

Certains des nouveaux produits auxquels Dr Wopereis se réfère seront vraisemblablement issus d’une approche « sélection moléculaire. » Les chercheurs d’AfricaRice utilisent déjà cette approche pour introduire de la résistance aux maladies et autres stress dans les variétés de riz les plus populaires d’Afrique.

Un « Groupe de travail—Sélection » à l’échelle du continent va étendre cet effort tout en renforçant les capacités de sélection des programmes nationaux de recherche avec l’appui du gouvernement japonais et d’autres donateurs. La sélection moléculaire offre une alternative peu coûteuse pour la transformation du riz pour laquelle il manque les infrastructures requises et les cadres réglementaires nationaux.

Dans un autre domaine de recherche, AfricaRice retourne aux origines des NERICA dans le but d’utiliser des procédures de sélection plus récentes pour créer des variétés qui exploitent mieux le potentiel génétique du riz africain, notamment sa grande capacité à résister aux adventices. Ce travail reflète une reconnaissance croissante du « besoin d’exploiter le trésor caché du matériel génétique africain, » comme le dit le sélectionneur Mandè Semon d’AfricaRice. A cette fin, les chercheurs ont entrepris une évaluation extensive des 2300 échantillons de riz africain aussi bien O. glaberrima qu’O. barthii, une plante sauvage parente au riz cultivé africain.

Pour s’assurer que les nouvelles variétés de riz répondent aux attentes des producteurs, AfricaRice continue d’utiliser une méthode appelée « sélection variétale participative, » à travers laquelle les producteurs choisissent des lignées dans une parcelle de démonstration installée dans leur village. Ayant fait ses preuves à travers l’Afrique de l’Ouest et du Centre pour la mise au point des NERICA, cette méthode demeure cruciale pour la livraison aux paysans des variétés qu’ils veulent et dont ils ont besoin. Tout aussi importante est l’introduction de la gestion intégrée de la culture à travers une méthode appelée « apprentissage participatif et recherche-action, » qui permet aux producteurs de tirer un meilleur bénéfice des nouvelles variétés de riz.

En plus, AfricaRice est en train de faire une percée significative à travers la formation et la promotion de lois et systèmes semenciers efficaces en vue de surmonter la rareté de semences de riz de bonne qualité à laquelle Dr Seck se réfère comme « l’une des contraintes majeures à l’utilisation réussie des variété améliorées. »

« La dépendance de l’Afrique sur les importations de riz n’est plus supportable, » ajoute-t-il. « Le moment est venu de faire de la production rizicole un moteur de croissance économique à travers le continent. »

About AfricaRice

AfricaRice is a CGIAR Research Center – part of a global research partnership for a food-secure future. It is also an intergovernmental association of African member countries.

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